Thèmes – Formation – Formation continue

Employabilité : la responsabilité en incombe trop fortement à la personne

La formation et la formation continue permanente des travailleurs et travailleuses sont fondamentales pour conserver toutes ses chances sur le marché du travail et pour l’employabilité. En Suisse, la responsabilité à cet égard en incombe principalement à la personne. Ce sont justement les travailleurs et les travailleuses peu qualifiés pour lesquels les employeurs ne dispensent pas suffisamment de formations. Comme le montre un nouveau rapport, l’assurance-chômage se retire elle aussi de sa responsabilité. Une telle attitude rendra difficile la maîtrise des défis de la numérisation. suite

L’apprentissage tout au long de la vie, les formations continues et le relèvement des qualifications sont des paramètres incontournables du maintien des chances sur le marché du travail. Les travailleurs et les travailleuses, qui ont été occupés par le même employeur pendant toute leur carrière professionnelle, sont toujours plus rares, les parcours linéaires d’activité et de carrière diminuant. Cela implique pour les travailleurs et les travailleuses de grandes exigences à remplir, en particulier celle de leur mobilité professionnelle. Le défi principal consiste à maintenir l’employabilité pour conserver pendant une quarantaine d’années toutes ses chances sur le marché du travail.

Investissements avant tout pour les cadres

La responsabilité pour l’employabilité en Suisse repose très fortement, sinon exclusivement, auprès du travailleur individuel – l’obligation générale de diligence de l’employeur n’est pratiquement pas appliquée sur cet aspect. Certes, les employeurs investissent dans le développement de leurs collaborateurs et collaboratrices ; mais c’est plutôt pour les cadres, dont ils se félicitent d’avoir une valeur ajoutée directe en retour, que pour le maintien général de l’employabilité de leurs employé-e-s. Le « Baromètre. Conditions de travail » de Travail.Suisse montre clairement que presque la moitié des travailleurs et des travailleuses se sentent insuffisamment soutenus dans leurs efforts pour se perfectionner (voir le graphique). Ce qui frappe, ce sont les différences selon le niveau de formation et de qualification. Pendant que les employeurs promeuvent la formation continue de presque 60 pourcent des employés hautement qualifiés, la valeur est bien plus faible pour les peu qualifiés avec environ 40 pourcent de personnes encouragées.


Source : « Baromètre Conditions de travail », Travail.Suisse 2017.

La promotion plus faible de la formation continue pour les travailleurs et les travailleuses peu qualifiés, qui diminue leurs chances, se voit bien dans les statistiques du chômage : les personnes sans diplôme au niveau du secondaire II, qui constituent moins de 15 pourcent de toutes les personnes actives en Suisse, représentent presque 30 pourcent des chômeurs enregistrés.

Défi pour l’assurance-chômage

Dans le cadre de l’initiative pour lutter contre la pénurie de personnel qualifié, le Conseil fédéral a donné mandat au Département de l’économie, de la formation et de la recherche (DEFR) de clarifier les possibilités des mesures du marché du travail de l’assurance-chômage en cas de réorientation professionnelle due à des modifications de nature structurelle. Ce rapport1 est maintenant publié. Il montre clairement « que la formation professionnelle continue et la réorientation des demandeurs d’emploi ne font pas partie de la mission fondamentale de l’assurance-chômage », (page 11). Le DEFR suit ainsi l’opinion largement répandue à l’intérieur de l’administration comme quoi le but primaire de l’assurance-chômage est de réintégrer rapidement dans le marché du travail les personnes au chômage. Mais on oublie malheureusement qu’un article clé de la LACI (Art. 1, alinéa 2) mentionne explicitement la réinsertion durable et la prévention du chômage comme tâches fondamentales.

L’importance financière accordée à différentes mesures de soutien montre clairement que les mesures de formation dans le cadre de l’assurance-chômage font tapisserie et que les cantons ne les utilisent guère : ainsi les allocations de formation n’ont même pas atteint 20 millions de francs en 2016 ; moins que les indemnités pour intempéries (23.9 millions de francs) ou les indemnités d’insolvabilité (35.9 millions de francs). Si on compare aussi les allocations de formation avec les plus de 5.5 milliards de francs versés à titre d’indemnités de chômage, il ne vaut même plus la peine d’en parler. Dans la pratique, les cantons utilisent les mesures de formation au mieux pour les assurés difficiles à placer ou la formation de rattrapage mais pas pour des formations continues ou un relèvement des qualifications avec l’objectif du maintien de l’employabilité. Le rapport du DEFR s’en tient très étroitement aux conditions-cadres légales et à la pratique actuelle et rate ainsi la chance de montrer le champ des possibilités de l’assurance-chômage et les défis qui l’attendent. Une chose est claire : le processus en marche de la numérisation va accentuer la question du maintien de l’employabilité. Parallèlement à l’accélération du changement structurel et à des rapports de travail toujours plus fragmentés et de plus courte durée, les exigences en mobilité et flexibilité s’accroissent. La formation continue joue un rôle fondamental à cet égard pour maximiser les chances d’une participation au marché du travail réussie et durable sur le long terme.

Pour gérer avec succès ces défis, il faut aussi, hormis une préparation des travailleurs et travailleuses pour apprendre tout au long de la vie et un plus fort engagement des employeurs à investir dans la formation continue, un plus fort soutien des pouvoirs publics, par exemple par le biais de l’assurance-chômage.


1 DEFR. Recours aux mesures du marché du travail de l’assurance-chômage lors de réorientations professionnelles d’ordre structurel.

03 avril 2018, Gabriel Fischer, Responsable politique économique

Améliorer l’accès à la formation continue pour les personnes souffrant d’un handicap

Depuis le 1er janvier 2017, la loi sur la formation continue (LFCo) est en vigueur. Elle donne la possibilité au Secrétariat d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI) de conclure des conventions de prestations avec les organisations actives dans le domaine de la formation continue (art. 12, LFCo). Elle a pour but de renforcer l’information, la coordination et le développement en matière de formation continue (art. 1 OFCo). Le SEFRI a conclu une telle convention avec Travail.Suisse Formation TSF. L’accent y est mis sur « L’accès à la formation continue pour les personnes souffrant d’un handicap ». suite

Un des objectifs de la LFCo est de créer les conditions permettant à chacun de suivre une formation continue (art. 4b LFCo). La loi mentionne aussi explicitement les personnes handicapées (art. 8b LFCo). Elles doivent avoir les mêmes chances d’accéder à la formation continue que les personnes sans handicap.

Le contenu de la convention de prestations

Grâce à la convention de prestations conclue entre le SEFRI et TSF, ce dernier peut aborder de manière directe le thème de l’ « Egalité des chances des personnes souffrant d’un handicap d’accéder à la formation continue ». Il s’agit de créer des réseaux entre les organisations de handicapés et les prestataires de formation. L’essentiel du travail va porter d’abord sur les personnes malvoyantes. TSF collaborera étroitement avec la Fédération suisse des aveugles et malvoyants FSA. On attend pour résultat important du travail une liste de critères destinée aux prestataires de formation. Cette liste doit donner des renseignements sur la manière d’organiser les offres de formation, afin que les malvoyants puissent en suivre une avec succès. TSF informera régulièrement du déroulement du projet.

Qu’est-ce que Travail.Suisse Formation TSF?

Travail.Suisse Formation TSF est une organisation de formation continue, représentée et active dans toutes les régions linguistiques de Suisse. La mise en œuvre de la convention de prestations est une composante importante du travail de TSF. TSF s’est fixé en outre d’autres objectifs, conformément à ses statuts :
a) Il se charge de donner des informations sur les organisations membres affiliées et le public ;
b) Il s’occupe de tâches de coordination et de réseautage dans le monde du travail ;
c) Il s’engage pour assurer la qualité et le développement de la formation continue ;
d) Il promeut le développement de projets de formation continue et les mène à bien avec des organisations membres et/ou des partenaires ;
e) Il encourage la formation continue des travailleurs et s’efforce de démanteler les obstacles à la formation continue.

Les membres de TSF sont l’Institut de formation des travailleurs ARC, avec les syndicats de travailleurs Syna, transfair, SCIV, SwissPersona et l’association faîtière Travail.Suisse, le Centro di formazione professionale CFP dont le responsable est l’OCST et l’ENAIP. Le comité de direction est composé de Francesco Genova (président), Giuseppe Rauseo (finances) et Bruno Weber-Gobet (directeur). TSF communique en trois langues (allemand/français/italien).

27 juin 2017, Bruno Weber-Gobet, Responsable politique de formation

Travail.Suisse salue le mandat de formation continue pour les travailleuses et travailleurs plus âgés

Lors de sa séance d’aujourd’hui, le Conseil fédéral a chargé le DEFR de développer jusqu’en novembre 2017, sur la base de la loi sur la formation professionnelle, un programme pour la formation continue des personnes peu qualifiées, en particulier les travailleuses et travailleurs plus âgés. Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, salue clairement ce mandat. Il est important maintenant que l’on définisse bien les bons critères de promotion. suite

Tous les travailleurs – et d’ailleurs aussi tous les employeurs – sont confrontés à leur lieu de travail à des changements variés, d’ordre économique, sociétal et technologique. Tous doivent pouvoir maîtriser ces changements. Cela vaut aussi pour les travailleuses et travailleurs plus âgés et pour les personnes peu qualifiées.

C’est pourquoi Travail.Suisse salue le mandat donné par le Conseil fédéral au DEFR pour développer un programme pour la formation continue de travailleuses et travailleurs peu qualifiés, en particulier les plus âgés. Travail.Suisse soutient aussi l’accent mis sur la formation dans les domaines des compétences de base, de la digitalisation et de la réorientation professionnelle en raison du changement structurel. Mais il est nécessaire pour Travail.Suisse que ces programmes promotionnels ne soutiennent pas seulement les formations continues dans un sens étroit mais favorisent aussi le développement des offres pour une planification judicieuse de la formation continue. Car la formation continue n’est en fin de compte judicieuse que si l’on a fait préalablement une planification rigoureuse de la formation continue sur la base d’un bilan de compétence.

Plus d‘informations:
Bruno Weber-Gobet, responsable du dossier politique de formation Travail.Suisse, Mobile 079 348 71 67

05 avril 2017, Bruno Weber-Gobet, Responsable politique de formation

Le défi à relever pour la formation professionnelle (II)

Quelle direction donner au développement de la formation professionnelle? Quelles sont les questions pertinentes auxquelles la formation professionnelle doit trouver des réponses? Dans son service médias du 6 juin, Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs, a esquissé cinq thèmes, qu’il conviendra de discuter dans le cadre de la Vision 2030 pour la formation professionnelle 1 . Aujourd’hui, cinq nouveaux points viennent compléter cette première liste. suite

Cette année, lors du sommet national de la formation professionnelle, on est tombé d’accord pour envisager un développement ciblé de cette formation. Travail.Suisse appuie avec plaisir cette décision et apporte ici une seconde contribution.

1. La relation de la formation professionnelle avec les langues étrangères n’est pas encore établie de manière optimale. Trop de jeunes gens cessent d’apprendre des langues étrangères après avoir commencé un apprentissage. A cet égard, les bases de l’usage des langues étrangères sont posées en amont pendant la scolarité. Il faudrait avoir pour objectif de consolider les bases mises au point et de les compléter (pour les hisser à un niveau supérieur). Une question se pose sur la manière d’atteindre cet objectif étant donné, notamment, les horaires chargés ou un besoin qui n’est pas évident d’emblée dans toutes les branches. Les langues étrangères constituent un véritable casse-tête pour la formation professionnelle. Vu le marché international du travail et l’importance des langues étrangères pour avancer professionnellement, il ne faut certainement pas renoncer trop vite à trouver des solutions. La formation professionnelle nécessite de meilleures solutions que celles qui figurent actuellement dans la Loi (art. 6 LFPr) et dans l’Ordonnance relatives au sujet (art. 20.4 OFPr). De ce point de vue, il convient de réévaluer et d’approfondir le Rapport de l’OFFT « Axes prioritaires concernant l’encouragement des activités de mobilité et de l’apprentissage des langues étrangères dans un contexte scolaire dans le cadre de la formation professionnelle » de 2012.

2. La formation professionnelle supérieure relève aussi bien de la formation professionnelle que du tertiaire dont font également partie les Hautes écoles. Elle se trouve donc dans une sorte de zone intermédiaire. Aux yeux de Travail.Suisse, il convient de mieux définir la relation entre la formation professionnelle supérieure et les Hautes écoles. Un dialogue constructif avec ces dernières est donc nécessaire pour mettre au point une Vision 2030 pour la formation professionnelle. C’est aujourd’hui plus facile que jamais puisque Hautes écoles et formation professionnelle sont sous le même toit au niveau fédéral, à savoir sous la houlette du Secrétariat d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation SEFRI. Ce dialogue portera sur les thèmes importants que sont l’instauration d’un cadre commun de certifications, des critères d’admission réciproques, des possibilités d’inclure les écoles supérieures dans le processus d’innovation de la CTI (Commission pour la technologie et l’innovation), la relation entre la formation continue des Hautes écoles et la formation professionnelle supérieure, le rôle de la formation professionnelle supérieure dans le concept Industrie 4.0.

3. La numérisation présente partout dans le monde du travail est l’une des raisons principales de la Vision 2030 pour la formation professionnelle. Deux questions – qui se superposent – s’y rattachent. D’une part, celle de la stratégie adoptée par une branche ou par une entreprise: à quelle vitesse, jusqu’où et à quel point la numérisation doit-elle être menée pour que celles-ci maintiennent, voire développent leur compétitivité? D’autre part, la question de la stratégie de la profession: de quelle manière l’apprentissage spécifique de la branche doit-il changer, compte tenu de la stratégie numérique d’une branche, afin que les personnes formées aient les compétences exigées d’elles? Et dans le prolongement de la question précédente: que convient-il d’entreprendre pour que les professionnels déjà formés aujourd’hui soient capables de répondre aux nouvelles attentes. Dans le contexte de la Loi sur la formation professionnelle, il convient de se demander en quoi celle-ci contribue à la gestion de la numérisation.

4. Au cours des dernières années, les questions internationales en matière de formation professionnelle ont pris de l’importance, comme on le voit, par exemple, dans le Rapport « Stratégie internationale de la Suisse dans le domaine formation, recherche et innovation », adopté en 2010 par le Conseil fédéral, ou dans le Rapport publié en 2014 « Coopération internationale en matière de formation professionnelle (CIFP) de la Confédération – Concrétisation de la stratégie internationale FRI de la Suisse dans le domaine de la formation professionnelle ». On ne discerne pas encore grand-chose d’international dans la Loi sur la formation professionnelle LFPr de 2002 – à l’exception de l’art. 68. Il y aura lieu de remédier à cela lors d’une révision de la LFPr. Il conviendra d’introduire, au moins dans les objectifs (actuellement art. 4.), ainsi que dans le contexte des projets d’intérêt public (actuellement art. 55), des dispositions répondant aux questions d’ordre international 2 .

5. L’*encouragement de projets* conformément aux articles 54 et 55 de la LFPr constitue l’une des principales nouveautés – réussie – de la Loi sur la formation professionnelle de 2002. La promotion de projets crée d’importantes conditions préalables à des innovations en matière de formation professionnelle. Dans la perspective d’une révision de la Loi sur la formation professionnelle, l’encouragement de projets doit faire l’objet d’une évaluation, visant surtout à définir les nouvelles prestations d’intérêt public à offrir dans la liste. Car il ne sert à rien d’avoir le financement destiné à la promotion de projets si la liste des prestations d’intérêt public n’est pas orientée vers les défis actuels et pertinents pour l’avenir.

Ce sont là cinq nouvelles propositions de thèmes à discuter. Vous trouverez sous: http://bit.ly/28J1TPH l’article précédent portant sur le même sujet.

Dans le cadre du développement de la formation professionnelle, Travail.Suisse approfondira ces dix thèmes prioritaires et s’engagera en faveur de leur adoption dans l’intérêt des travailleurs.


1 http://www.sbfi.admin.ch/aktuell/medien/00483/00586/index.html?lang=de&msg-id=61390
2 Actuellement « dissimulé » dans l’art. 64 alinéa 1bis Ordonnance sur la formation professionnelle.

20 juin 2016, Bruno Weber-Gobet, Responsable politique de formation

Des dommages collatéraux affaiblissent la recherche en Suisse

La recherche en Suisse est sous pression. La question européenne non résolue et actuellement compromise par l’acceptation de l’initiative contre l’immigration de masse cause des dommages collatéraux dans la recherche. A la fin de l’année, la Suisse perdra son statut de membre associé au premier pilier du programme Horizon 2020, si aucune solution n’est trouvée dans les dossiers de la Croatie et de la libre circulation des personnes. Pour Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs, c’est là une évolution dangereuse, qui ne doit pas être sous-estimée. suite

La recherche en Suisse relève de la ligue des champions. Mais elle risque la relégation. Pour trois raisons:

1. La recherche est tributaire des échanges internationaux. Il était très important pour la Suisse d’être acceptée en 2004 comme membre associé des programmes de recherche de l’UE. Les chercheurs suisses (des entreprises aussi) disposaient ainsi des mêmes droits et devoirs dans le cadre de ces programmes et étaient étroitement impliqués dans leur déroulement. La Suisse a utilisé cette chance de manière optimale. Preuve en est par exemple qu’elle a reçu plus de moyens financiers issus des fonds de recherche affectés à ces programmes qu’elle n’a elle-même déboursé. Mais depuis l’acceptation de l’initiative contre l’immigration de masse, les échanges internationaux pratiqués par le biais des programmes de recherche de l’UE ont subi un sérieux coup de frein. Dans les piliers deux et trois, la Suisse n’est plus tolérée que comme Etat tiers. Et à partir de 2017, la Suisse sera également considérée comme un Etat tiers dans le pilier un, si l’on ne réussit pas à trouver une formule acceptée tant par l’UE que par la Suisse pour maintenir la libre circulation des personnes et l’étendre à la Croatie. La Suisse perdrait alors d’importants accès au monde de la recherche.

2. L’insécurité est un poison pour la recherche. La recherche est une entreprise de longue haleine. Elle repose sur la constance et la sécurité. Les problèmes bilatéraux actuels, qui découlent de l’acceptation de l’initiative contre l’immigration de masse, affaiblissent le système. Aussi bien les hautes écoles que les entreprises ne savent plus très bien comment la situation va évoluer et sont ainsi freinées dans leurs décisions et minées quant à leur motivation. En outre, il est devenu plus difficile d’attirer des chercheurs doués. Un pays qui a un statut d’Etat tiers n’offre pas le meilleur accès possible aux projets de recherche. Alors, autant accepter un autre poste, dans un autre pays, qui permet cet accès à long terme.

3. Un point positif en moins pour établir une entreprise. Pourquoi quelqu’un vient-il créer une entreprise en Suisse et partant des emplois? Une des raisons en est sans doute que la Suisse est en ligue des champions pour la recherche. Mais pour combien de temps encore ? Si la Suisse se renferme et qu’elle ne puisse plus participer aux programmes de recherche de l’UE qu’en qualité d’Etat tiers, la recherche perdra de sa brillance à moyen et à long terme. Sa position va lentement mais sûrement se détériorer. Et en même temps, l’un des piliers sur lesquels repose sa réussite économique.

L’initiative contre l’immigration de masse a aujourd’hui déjà causé des dommages collatéraux à la recherche. Il faut espérer qu’ils ne vont pas s’aggraver mais qu’ils pourront être corrigés. A cette fin, Travail.Suisse estime qu’il faut chercher une solution en accord avec l’UE. La clause de sauvegarde unilatérale envisagée par le Conseil fédéral ne conduit pas au but et présente un danger, si l’on considère ses conséquences sur la politique économique et la politique de la recherche.

26 avril 2016, Bruno Weber-Gobet, Responsable politique de formation

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