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Révision du droit de la société anonyme : On prend des gants pour aborder le problème des salaires exorbitants des dirigeants

Tout juste cinq ans après l’acceptation de l’initiative « contre les rémunérations abusives », ses exigences doivent être converties en une loi par le biais de la révision du droit de la société anonyme. Toutefois, les propositions du Conseil fédéral s’arrêtent à mi-chemin en ce qui concerne la transparence des salaires des dirigeants et le renforcement des droits des actionnaires, et il sera trop facile de les contourner dans le domaine des indemnités d’entrée en fonctions et de départ particulièrement perturbantes. suite

Le Parlement est invité à améliorer sensiblement la copie, faute de quoi le mécontentement de la population face aux indemnités excessives et injustifiées que touchent les élites de l’économie ne se calmera pas.

En Suisse, le débat portant sur la limitation des indemnités versées aux dirigeants des grandes entreprises est depuis de nombreuses années un sujet politique brûlant. Le mécontentement de la population au sujet des salaires excessifs et de la mentalité de self-service de la caste des dirigeants a permis à l’initiative « contre les rémunérations abusives » d’être largement acceptée par 68% des votants et par tous les cantons. Mais depuis lors, aucune modération sensible des salaires des dirigeants n’a été constatée. Ainsi, l’étude 1 menée depuis 2011 par Travail.Suisse – et, de ce fait, au cœur du débat parlementaire sur l’initiative « contre les rémunérations abusives » – révèle des rémunérations en nette hausse pour les deux tiers des CEO et même pour les trois quarts des autres membres de la direction générale des entreprises passées sous la loupe. En 2016, les dirigeants ont vu leur rémunération augmenter considérablement, de 6% en moyenne. Les autres travailleurs et travailleuses de ces entreprises n’oseraient jamais rêver d’un tel bond salarial. Les écarts salariaux n’ont cessé de se creuser allègrement: si, au sein des entreprises étudiées en 2011, le rapport entre l’indemnité moyenne d’un membre de la direction générale et le salaire le plus bas de la même entreprise se situait encore à 1:45, il était passé à 1:51 en 2016.

Avec la révision du droit de la société anonyme, l’Ordonnance contre les rémunérations abusives dans les sociétés anonymes cotées en bourse (ORAB) devrait être convertie en loi afin de mettre en œuvre enfin les exigences de l’initiative « contre les rémunérations abusives ». Le 3 novembre prochain, la Commission des Affaires juridiques (CAJ) du Conseil national reprendra ses délibérations portant sur les propositions du Conseil fédéral. Selon Travail.Suisse, ces dernières présentent un certain nombre de lacunes et de points faibles. Si le Parlement ne parvient pas à combler ces lacunes et à corriger ces points faibles, ces propositions n’auront aucune incidence pondératrice à l’avenir sur le montant des rémunérations des dirigeants.

La transparence reste insuffisante

L’un des éléments clés de la révision du droit de la société anonyme est le mandat confié au conseil d’administration d’établir – à l’intention de l’Assemblée générale – un rapport annuel sur les rémunérations. Cela permettrait de créer la transparence sur les indemnités versées aux cadres supérieurs. Toutefois, le Conseil fédéral ne va pas jusqu’au bout de la démarche : alors que les indemnités destinées notamment aux membres du conseil d’administration et à ceux du comité consultatif doivent être annoncées individuellement, seules l’indemnité individuelle la plus élevée, ainsi que l’indemnité globale de tous les membres sont exigées pour les membres de la direction générale. De ce fait, il est impossible d’analyser en particulier l’évolution au fil des ans, étant donné que les changements, postes vacants ou modifications de la taille des instances ne peuvent être ni délimités, ni pris en considération.

Il est trop facile de contourner l’interdiction des indemnités d’entrée en fonctions et des indemnités de départ

L’indignation contre les cachets d’entrée en fonctions et les indemnités de départ, de l’ordre de plusieurs millions lorsque des changements interviennent au sein des directions générales, a constitué l’un des principaux moteurs de l’acceptation massive de l’initiative « contre les rémunérations abusives ». Selon toute logique, interdire les indemnités d’entrée en fonctions et de départ est un élément clé de la révision du droit de la société anonyme. Mais le Conseil fédéral propose une réglementation moins stricte et susceptible d’être trop aisément contournée : par exemple, les primes d’embauche devraient être autorisées. Une telle prime permettrait à un dirigeant rejoignant une nouvelle entreprise d’être dédommagé pour des droits à des bonus qu’il ne toucherait pas de son ancien employeur. Ainsi, des versements tels que les 14 millions de francs que Tidjane Thiam a touchés du Credit Suisse pour son entrée en fonctions en 2014 ou les 4 millions de francs que Zurich Insurance Group a payés en 2016 à son nouveau CEO Mario Greco pourraient se poursuivre à l’avenir.

L’interdiction de l’indemnité de départ peut, elle aussi, être aisément contournée. Grâce à des délais de préavis pouvant s’étendre jusqu’à un an et à des clauses de non-concurrence de plusieurs années, le maintien du salaire et le versement d’indemnités compensatrices sont encore possibles après que les dirigeants ont quitté l’entreprise. Autre possibilité de contourner l’interdiction : des mandats de consultant continuent d’exister – sans qu’il soit nécessaire de jouer la transparence en vérifiant si l’activité de consultant est réelle ou non. À titre d’exemple, après avoir quitté la présidence du conseil d’administration de Roche en 2015, Franz Humer s’est vu accorder un mandat de consultant de cinq ans assorti d’une indemnité correspondante.

Les droits des actionnaires sont lacunaires

Le renforcement des droits des actionnaires était l’un des points majeurs de l’initiative « contre les rémunérations abusives ». Mais en l’occurrence, les mesures proposées dans la révision du droit de la société anonyme ne vont absolument pas assez loin. Certes, il conviendra à l’avenir de voter chaque année sur les rémunérations des dirigeants ; toutefois, des votes d’ensemble sur les éléments fixes et variables des indemnités seront également autorisés, ainsi que des votes prospectifs. Mais si l’on vote conjointement sur les rémunérations fixes et variables, les actionnaires n’auront pas la possibilité de refuser les bonus excessifs sans remettre en question l’ensemble de l’indemnité. Et dans le cas d’un vote prospectif, les actionnaires devront décider des bonus avant de connaître la marche des affaires, voire avant la fourniture de prestations par les cadres supérieurs. La question des bonus en fonction de la performance tourne ainsi à l’absurde Selon l’étude menée par Travail.Suisse sur les salaires des dirigeants, moins d’un tiers des entreprises examinées organisent des votes sensés sur les indemnités destinées aux cadres supérieurs, permettant aux actionnaires d’exercer un contrôle réel sur les salaires exorbitants des dirigeants, voire de corriger ces salaires.

Outre les données lacunaires concernant le système de vote, une obligation de fixer dans les statuts le rapport minimal entre les éléments fixes et variables des indemnités fait également défaut dans la révision actuelle du droit de la société anonyme. Fondamentalement, on observe que l’accent est mis bien davantage sur les rémunérations variables, ce qui entraîne pour les cadres supérieurs des incitations erronées pour leurs prises de décisions. En orientant trop leurs décisions sur les chiffres clés à court terme, ils maximisent leur bonification, ce qui peut aussi être en totale contradiction avec un développement durable des affaires.

Les hauts salaires des dirigeants doivent également être utiles aux collectivités

Il est clair pour Travail.Suisse qu’il est absolument indispensable d’améliorer le système dans les domaines abordés si l’on veut appliquer, ne serait-ce que partiellement, les points soulevés par l’initiative « contre les rémunérations abusives ». De plus, dans la révision en cours du droit de la société anonyme, il faut accroître la notion d’utilité des hauts salaires des dirigeants pour la collectivité en Suisse, faute de quoi la mauvaise humeur de la population à l’égard d’indemnités excessives et injustifiées perçues par l’élite économique persistera. Deux voies s’ouvrent à cet effet. D’une part, à partir d’un certain montant (par exemple, dès un million de francs), les indemnités destinées aux cadres supérieurs ne doivent plus entraîner de déduction fiscale pour les entreprises, à titre de charge justifiée par l’usage commercial. Au lieu de cela, elles devraient être classées dans la rubrique des distributions de bénéfices et, partant, être soumises à l’imposition sur les bénéfices. D’autre part, une discussion sérieuse doit avoir lieu à propos d’un impôt de solidarité pour les très hauts salaires des dirigeants. La progression en matière d’impôt fédéral direct est orientée vers une structure des revenus « normaux » et plafonne à 755‘200 francs pour les personnes seules et à 895‘800 francs pour les couples mariés. Mais la forte croissance des hauts salaires des dirigeants et des membres de conseils d’administration au cours des dernières décennies a généré une catégorie de revenus qui dépasse les limites de cette structure des revenus « normaux ». Pour cette nouvelle catégorie, l’impôt fédéral direct ne revêt plus qu’un caractère progressif limité, ce qui est contraire au principe fondamental de la fiscalité fondée sur la performance économique. En recourant à une fiscalité supplémentaire dans ce domaine, on augmenterait l’utilité des hauts salaires des dirigeants pour la collectivité, ce qui entraînerait dès lors une meilleure acceptation de ces salaires-là.


1 Voir les résultats complets sous http://www.travailsuisse.ch/themes/travail/salaires_des_managers

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16 octobre 2017, Gabriel Fischer, Responsable politique économique Drucker-icon

Les proches aidants méritent notre soutien – aussi dans toute la Suisse

Le 30 octobre est, en Suisse romande, la Journée des proches aidants. Cette journée intercantonale est organisée pour la quatrième année consécutive par les cantons romands, avec la collaboration de diverses associations. Symbolique, cette action est pourtant très importante et gagnera à devenir une journée nationale. Mais le chemin à parcourir en Suisse alémanique est encore long. Travail.Suisse s’engage pour que la reconnaissance publique du travail des proches aidants fasse l’objet une journée célébrée aussi au niveau national. suite

Sous l’impulsion du canton de Vaud, pionnier en la matière, tous les cantons romands s’unissent sous la bannière de la « Journée des proches aidants » du 30 octobre (www.journee-proches-aidants.ch). Toute une série d’événements sont organisés autour de l’engagement de ceux et de celles qui permettent à leurs proches de continuer à vivre à leur domicile dans de bonnes conditions, malgré une perte d’autonomie. Expositions ou conférences, café-rencontres ou brunchs, stands sur des marchés, spectacles de théâtre ou projection de films, il y en a pour tous les goûts !

Journée romande des proches aidants – un symbole fort

Cette journée est bien sûr symbolique. Mais le symbole est fort et on aurait tort de le négliger. En Suisse, 56% de la population active sont concernés par des tâches de care et prennent des jours de congé pour les réaliser (hors vacances). En 2013, 15% des personnes actives ont déclaré avoir réduit leur activité professionnelle ou ont été empêchés de travailler en raison de leur travail de care 1 . Dans l’ensemble de la population résidante permanente de 15 à 64 ans, 35% prend régulièrement en charge des enfants ou des adultes en Suisse. Cette part équivaut à 1,9 million de personnes. Le volume de travail de care direct représente plus de 80 milliards de francs par an. Quant au travail de care indirect, c’est le travail domestique lié à la prise en charge de la famille (faire la cuisine, le ménage, les lessives, les achats, etc.), soit toutes les tâches indispensables que les personnes aidées ne peuvent en général pas effectuer elles-mêmes. Le volume du travail de care indirect se chiffre à 20 milliards de francs par an. Au total, le travail de care pèse l’équivalent de 100 milliards ! C’est dire si l’équilibre social et sanitaire serait vacillant si on ne pouvait plus compter sur les proches aidants. Cette journée rend hommage à tous ceux et celles qui consacrent du temps, de l’énergie et de l’argent, et trop souvent y perdent leur propre santé faute de décharge suffisante.

A Zürich s’organise le « Tag für pflegende und betreuende Angehörige »

Une organisation privée à but non lucratif – Entlastungsdienst Schweiz – organise cette année une manifestation d’impulsion pour sensibiliser la partie alémanique de notre pays à la nécessité de se souvenir de l’immense aide quotidienne apportée par Monsieur et Madame Tout-le-monde à leurs proches âgés et/ou malades. L’organisation propose des services payants aux proches aidants pour les décharger et les aider dans plusieurs cantons (Argovie-Soleure, Berne, Ville de Saint-Gall, Zürich). La conférence est consacrée à la conciliation de l’activité professionnelle et du travail de care (https://www.angehoerige-pflegen.ch/workcare). Elle est soutenue par quelques organisations actives sur place (profawo, Association Alzheimer, Spitex, Pro Senectute, Croix-Rouge suisse, Servicefamille, etc.) qui côtoient au quotidien des proches aidants.

Travail.Suisse participera à cette manifestation zurichoise, forte de son expérience acquise avec le lancement de la première plateforme nationale et gratuite destinée aux proches aidants qui travaillent. Lancé il y a juste une année, le site www.info-workcare.ch propose gratuitement informations, check-listes, conseils d’urgence et adresses de proximité à tous ceux et toutes celles qui doivent jongler entre activités professionnelles et ce vrai travail, le travail dit de « care ».

En participant, Travail.Suisse souhaite apporter sa contribution à la nécessaire sensibilisation des cantons alémaniques en matière de reconnaissance de l’engagement des proches aidants. Les cantons sont responsables des infrastructures de prise en charge des enfants et des personnes âgées et/ou malades. Avant le stade d’une complète prise en charge, les autorités cantonales y gagnent à encourager le travail de care par les proches. En collaborant avec les diverses associations et ligues de santé, les cantons sont à même de coordonner les efforts et les offres, afin de faciliter la vie des proches aidants. Les cantons romands l’ont déjà bien compris. Au tour des cantons suisses-alémaniques de prendre conscience des enjeux.

Des réponses politiques sont nécessaires

L’objectif est, pour Travail.Suisse, d’encourager l’aide intergénérationnelle au sein des familles. Certes cette aide est nécessaire du point de vue macro-économique. Cette aide est surtout souhaitée par les personnes qui en bénéficient, comme par les proches aidants qui s’investissent volontiers et sans compter auprès de leurs aînés.

Pour Travail.Suisse, il est important que tous, hommes et femmes, prennent leur part de manière équitable afin de permettre à chacun de continuer de travailler tout en restant en bonne santé. Comme il est primordial aussi que la politique s’en mêle et prenne les mesures nécessaires afin de permettre et faciliter cette conciliation. Car de cette conciliation dépend la santé actuelle et future de la main d’œuvre active ainsi que le niveau de sa future retraite. Vu le nombre de personnes concernées aujourd’hui et demain, il serait irresponsable de ne s’en remettre qu’aux seules entreprises pour trouver des solutions. C’est le message que répète Travail.Suisse dans ses contacts réguliers avec les partenaires sociaux, les parlementaires et l’administration fédérale.


1 Enquête suisse sur la population active ESSP 2014 et 2013, OFS, Neuchâtel.

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16 octobre 2017, Valérie Borioli Sandoz, Responsable politique de l'égalité Drucker-icon

Aux urnes pour notre AVS!

La réforme sur laquelle nous voterons ce week-end assure notre prévoyance vieillesse. Concrètement: celle-ci reste finançable ces prochaines années. Et surtout: elle pérennise nos rentes sans les diminuer! Cette réforme bénéficie aux plus jeunes et aux plus âgés. suite

Ce dimanche de votation, le 24 septembre, les enjeux seront fondamentaux. Et il n’y a aucun doute: seul un double «oui» permettra de stabiliser la prévoyance vieillesse, de garantir les rentes et la retraite à 65 ans. Si nous perdons la votation, les associations patronales – excepté celles de Suisse romande – et ceux qui veulent détruire l’AVS auront gagné. Cela veut dire qu’ils supprimeront le supplément AVS, qu’ils introduiront un taux de conversion plus bas et une retraite à 67 ans pour tous – sans aucune mesure de compensation. La population votante suisse doit en être consciente.

La réforme est importante car elle modernise la prévoyance vieillesse, en améliorant notamment le deuxième pilier des travailleurs à temps partiel. En outre, la baisse du taux de conversion minimal permet d’éviter un financement croisé des caisses de pension des jeunes vers les plus âgés. Par ailleurs, le financement supplémentaire via la TVA garantit des finances AVS solides et empêche un trou de plusieurs milliards que les jeunes générations seraient les seules à devoir combler. Par conséquent, cette réforme ne les «trahit» pas. En cas de refus, des mesures d’économies drastiques et une hausse massive des cotisations menacent ces prochaines années.

Plus de sécurité pour les seniors

La prévoyance professionnelle pénalise aujourd’hui les chômeurs seniors, car avec la perte de leur emploi ils perdent aussi leur droit à une rente de la caisse de pension. La Prévoyance vieillesse 2020 met un terme à cette double punition. En effet, en cas de perte d’emploi après 58 ans, un travailleur pourra rester affilié à sa caisse de pension et bénéficiera ultérieurement d’une rente. De plus, un motif important de discrimination due à l’âge tombe, car les cotisations au deuxième pilier des travailleurs d’âge moyen se rapprochent de celles des 55 ans et plus. Ainsi, par rapport à leurs collègues plus jeunes, les travailleurs âgés deviennent moins «chers» pour les entreprises.

Bénéfique pour tous les retraités

Aux dires des opposants, la Prévoyance vieillesse 2020 «punirait les retraités». Tout cela est entièrement faux! En effet, cette réforme, associée à une légère hausse de la TVA, permet de couvrir les coûts du vieillissement démographique pour les prochaines années. Les retraités actuels en bénéficieront également, car cela permettra d’adapter leur rente tous les deux ans à l’évolution des salaires et des prix.

Compromis le plus important de la décennie

La réforme de la prévoyance vieillesse garantit les rentes sans diminution, introduit d’importantes modernisations et répartit les sacrifices sur de nombreuses épaules. Le compromis est équitable. Plutôt que de monter les générations les unes contre les autres, les opposants devraient jouer franc jeu. L’objectif qu’ils visent avec un non est clair: pas de supplément AVS, mais oui à la hausse de l’âge de la retraite des femmes et à une baisse du taux de conversion – avec en ligne de mire la retraite à 67 ans pour tous.

La réforme apporte une sécurité accrue aux plus jeunes et aux plus âgés. La torpiller est un geste irresponsable envers toutes les générations. Nous devons accepter ce compromis, il n’y en aura pas de meilleur.

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2017 09 08 AV2020 Eine-Reform-für-alle f.docx 17 KB

18 septembre 2017, Adrian Wüthrich, Président Drucker-icon

Le site d’informations pour proches aidants qui travaillent répond à leurs besoins

Au fil des mois, la fréquentation du site internet www.info-workcare.ch s’est tassée, mais reste élevée avec un peu moins de 500 visiteurs mensuels. Pour en savoir plus sur sa nouvelle offre d’informations destinées aux proches aidants qui travaillent, Travail.Suisse a fait réaliser une évaluation par un bureau spécialisé. Le verdict est limpide : la première plateforme nationale gratuite et trilingue répond aux besoins des personnes concernées. suite

Passé l’effet d’annonce et de nouveauté, il était attendu que la fréquentation du site www.info-workcare.ch se tasse, ce qui s’est vérifié. Durant les six derniers mois, de mars à août, on dénombre près de 640 sessions et 480 utilisateurs du site chaque mois, soit un peu plus de la moitié de ce que Travail.Suisse avait mesuré durant les premiers mois (1000 visiteurs par mois). Par session, un utilisateur ou une utilisatrice consulte environ 6 pages. Ces chiffres de fréquentation sont assez stables dans le temps.

Lancé le 25 octobre 2016 grâce aux aides financières prévues par la Loi sur l’égalité, le site www.info-workcare.ch est surtout consulté par la partie germanophone des internautes situés en Suisse : sur les six derniers mois, 51% des sessions ont été réalisées en langue allemande, tandis que le français est choisi pour 35% d’entre elles. Le site est peu consulté en italien (4%), le reste des sessions étant essentiellement réalisées sur des ordinateurs programmés en anglais.

Forte fréquentation romande, début de sensibilisation alémanique

Cette répartition est similaire quand on regarde la provenance cantonale des utilisateurs : la majeure partie provient de Suisse alémanique (67%), mais une part importante des consultations émane d’internautes situés en Suisse romande (31%). Le Tessin n’est à l’origine que de 2,21% de l’utilisation du site. En Suisse alémanique, le canton de Zürich caracole en tête avec 31% des sessions, suivi par Vaud et Berne (13,9% et 12,55%), puis par trois cantons romands (Valais avec 6,5%, Genève avec 4,8% et Fribourg avec 4,3%) et un alémanique (Lucerne avec 4,2%). Les autres cantons suivent avec chacun quelques pourcents.

Cette relativement forte fréquentation depuis la Suisse romande est à comprendre dans un contexte où les cantons romands, à la suite du canton de Vaud pionnier en la matière, sensibilisent sur la question des proches aidants depuis plusieurs années. La Journée des proches aidants du 30 octobre (www.journee-proches-aidants.ch), organisée par les cantons, permet de faire connaître les offres des associations et des ligues de santé au niveau régional, de discuter de la thématique lors de conférences, etc. Les six cantons romands y participent, tandis qu’aucune initiative similaire au plan cantonal n’existe (encore) en Suisse alémanique.

Pourtant, les choses commencent à bouger, à Zürich notamment. En effet, le 30 octobre prochain, Travail.Suisse participera à un colloque d’impulsion intitulé « Berufstätig sein und Angehörige betreuen: Wie gelingt dies ? » organisé par le prestataire de service Entlastungsdienst, une organisation à but non lucratif active dans plusieurs cantons alémaniques. Sont attendus experts et professionnels dans le domaine du care – dont le Professeur Dr. Iren Bischofberger de l’Institut de recherche Careum qui a suivi le développement d’info-workcare.ch, mais aussi proches aidants et représentants de l’économie et du monde du travail.

www.info-workcare.ch décharge effectivement les proches aidants

Voilà pour quelques chiffres livrés par l’outil d’analyse embarqué sur le site (Google analytics). Grâce à cette technologie, on apprendra aussi, pour l’anecdote, que le site est consulté principalement depuis un ordinateurs (PC, Laptop pour 74,4% des sessions) et beaucoup moins par le téléphone (18,4%) et encore moins depuis une tablette (7,2%).

Pour en savoir plus et de manière plus différenciée, Travail.Suisse a mandaté le bureau interface à Lucerne de réaliser une évaluation qualitative. Grâce à un Groupe focus constitué durant la réalisation du site, puis à un questionnaire anonyme accessible aux utilisateurs sur le site une fois le site opérationnel, l’évaluation livre des résultats encourageants, malgré le fait que le questionnaire a été placé en ligne durant une relativement courte période (du 21 mars au 9 mai).

Au chapitre des enseignements livrés par l’évaluation, le public visé à l’origine est bien celui qui consulte effectivement le site : hommes et femmes actifs professionnellement qui aident des proches durant leur temps libre, indépendamment de toute maladie ou pathologie. Le site permet au public cible une décharge certaine : il leur est enfin possible de trouver toutes les informations nécessaires réunies dans un seul endroit. Ensuite, le site aide le public cible à organiser la garde des proches et les soutient dans la difficile conciliation de l’activité professionnelle et de l’aide aux proches.

Les utilisateurs du site s’y retrouvent facilement

Le site contient de très nombreuses informations, à lire en ligne ou parfois à télécharger sous la forme de documents PDF qu’il est alors possible de lire hors ligne, sur papier. Ce fait est particulièrement apprécié. Malgré cette richesse en informations, les utilisateurs déclarent qu’ils arrivent rapidement à trouver l’information qu’ils recherchent. Une critique sur les trop nombreux liens internes a été prise en considération et le site a été nettoyé des liens redondants.

Les contenus sont jugés conformes aux besoins des proches aidants qui travaillent, la cible du site www.info-workcare.ch. Les thèmes traités sont les bons et sont importants. Aucun thème n’est inutile. Les informations sont compréhensibles pour la très grande majorité des personnes qui ont participé à l’évaluation en ligne.

Adresses utiles de proximité très demandées

Les utilisateurs du site sont surtout friands d’informations générales, puis d’adresses utiles et de conseils pratiques. Ce sont les pages qui sont consultées le plus fréquemment. Une mise à jour régulière des adresses de proximité est souhaitée et recommandée. Cela a d’ailleurs été le cas en août dernier.

Depuis cette date, les organisations qui offrent des services dans le domaine des proches aidants, ont la possibilité de les transmettre à Travail.Suisse en une seule fois grâce à un fichier excel pré-formaté préparé à leur intention. Il ne leur est plus demandé de remplir le formulaire en ligne, ce qui s’est révélé fastidieux dans le cas d’une organisation active plusieurs, voire dans tous les cantons.

Le projet se terminera sans doute à la fin 2017. Une nouvelle campagne pour faire connaître www.info-workcare.ch encore plus au public est en préparation, conformément à l’une des recommandations du bureau d’évaluation.

Dans le futur, une amélioration et un enrichissement de l’offre du site est à l’ordre du jour, en particulier en matière de handicap, un thème qui a été volontairement laissé de côté au départ. L’avenir dira de quelle manière se poursuivra le développement de la première plateforme nationale d’informations destinées aux proches aidants qui travaillent. En tous les cas, Travail.Suisse s’y engage avec autant d’énergie qu’au début de son projet !

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2017 09 18 www-infoworkcare-ch Evaluation-finale f.docx 24 KB

18 septembre 2017, Valérie Borioli Sandoz, Responsable politique de l'égalité Drucker-icon

Brücke · Le pont s’engage avec force pour l‘Agenda 2030

L’Agenda 2030 pour le développement durable vise à des modifications fondamentales dans la politique et la société. Les objectifs définis dans l’Agenda – avant tout celui d’un travail décent – représentent pour l’œuvre d’entraide de Travail.Suisse une boussole orientant le travail quotidien. Interview de la Directrice Franziska Theiler. suite

« Nous sommes la première génération qui peut mettre fin à la pauvreté et la dernière qui peut repousser les pires conséquences du changement climatique ». Par ces mots, l’ancien Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, exhorta la communauté internationale à mener sans cesse et ensemble la lutte contre la pauvreté et le changement climatique. Finalement, en septembre 2015, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté l’Agenda 2030 pour le développement durable.

Travail.Suisse: Madame Theiler, Brücke · Le pont veut s’orienter dans sa nouvelle stratégie selon l’Agenda de l’ONU pour le développement durable. Pourquoi?
Franziska Theiler: l’Agenda a une vision: le monde en 2030 est un monde sans pauvreté, ni faim. Un monde dans lequel les êtres humains vivent d’un travail décent, sans exploitation. Un monde dans lequel ils disposent d’une alimentation saine et utilisent les ressources de manière durable. Un monde où le changement climatique est sous contrôle. Un monde avec différents types de sociétés ouvertes à toutes et tous et qui se soucient du plus faible. C’est aussi la vision de Brücke · Le pont.

Quels sont les objectifs de l‘ Agenda 2030?
L‘ Agenda comporte 17 objectifs pour le développement durable et 169 sous-objectifs. Ils intègrent, hormis le développement social et économique, aussi la durabilité écologique. Il faut particulièrement considérer le caractère universel de ces objectifs : ils valent aussi bien pour les pays industriels que pour les pays en développement.

Jusqu’à quel point Brücke · Le pont intègre ces objectifs?
Le programme „Travail en dignité“ de Brücke · Le pont – tout comme les 17 objectifs pour le développement durable – part d’une perspective intégrée : les trois points forts stratégiques – promotion des revenus, compétences professionnelles et droits du travail – sont liés entre eux. C’est pourquoi tous les projets de Brücke · Le pont suivent en général en même temps plusieurs objectifs de l’Agenda 2030. Mais c’est le travail décent qui représente le cœur de notre action et ainsi l’objectif 8 : promouvoir une croissance économique soutenue, partagée et durable, le plein emploi productif et un travail décent pour tous.

Qu’a fait concrètement Brücke · Le pont l’an passé dans le sens de cet objectif?
Prenons comme exemple le projet sur les droits du travail que nous mettons en oeuvre avec le Parquet général de El Salvador. Avec l’engagement de deux exécuteurs judiciaires, 310 travailleurs et travailleuses obtinrent, rien que pour l’an passé, des remboursements de salaires et prestations sociales dues pour un montant de 511’000 dollars. Nous avons obtenu de grands succès l’an passé aussi dans nos projets de lobbying politique, de formation professionnelle et d’intégration au marché du travail.

Que peuvent faire les travailleuses et travailleurs en Suisse pour les objectifs de l’Agenda 2030?
La solidarité internationale avec les travailleuses et travailleurs des pays en développement est centrale à cet égard. Parce que l’Agenda 2030 n’est pas contraignant d’un point de vue juridique, une pression constante de la société civile est nécessaire ainsi que la mise en réseau de tous les acteurs, en Suisse aussi. Le programme « Travail en dignité » de Brücke · Le pont offre un bon levier pour ceux et celles qui veulent s’engager pour un monde meilleur, celui de 2030.


Au sujet de Franziska Theiler
Franziska Theiler a été pendant plusieurs années assistante de recherche en biochimie et microbiologie à la ville du Cap, à Bâle et à Stanford avant d’étudier à titre de 2ème formation la sociologie et l’ethnologie à Lyon. Elle fut ensuite, pendant environ dix ans, responsable de programme pour différents pays en Amérique latine et en Afrique dans la coopération au développement. Elle est depuis 2009 Directrice de Brücke · Le pont et fait partie du Comité de Travail.Suisse.

www.bruecke-lepont.ch
Compte de chèque postal pour les dons: CP 90-13318-2

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18 septembre 2017, Andreas Jahn, Communication et politique de développement Drucker-icon