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La Suisse aura bientôt un congé paternité

En tant que premier conseil, le Conseil des Etats a traité de l’initiative sur le congé paternité. A l’avenir, les pères auront droit, au lieu de 20 jours, tout de même, à 10 jours de congé paternité. Grâce à la pression de l’initiative, la politique semble franchir une première étape. Un congé parental de 24 semaines doit en être la deuxième. Mais d’abord le Conseil national décide lors de la session d’automne, respectivement d’hiver sur le congé paternité. suite

Le 20 juin, le Conseil des Etats a amplement débattu de trois propositions relatives au congé paternité. : sur l’initiative de Travail.Suisse et d’autres organisations « Pour un congé paternité raisonnable – en faveur de toute la famille » avec 20 jours ouvrables, sur le contre-projet de la commission préparatoire avec 10 jours ouvrables et sur une proposition de pouvoir user des vacances pour le congé paternité sans jours libres supplémentaires. Les activistes des organisations participantes ont attentivement écouté les débats depuis la tribune où l’on bien vu les lingettes pour bébés avec le logo de l’initiative en surimpression. Les membres du Conseil des Etats ont remarqué l’intérêt suscité par leurs débats.

Mauvaise image en raison du manque d’un congé paternité

Des 46 membres du Conseil des Etats, 17 se sont exprimés pendant le débat. Contrairement au Conseil fédéral, la commission préparatoire a soumis un contre-projet indirect à l’initiative avec 10 jours de congé paternité. D’un côté, la commission a reconnu le potentiel de l’initiative qui a des chances d’être acceptée par le peuple. D’un autre côté, de nombreux membres du Conseil des Etats se rendent compte désormais, suite à la large discussion que l’initiative a déclenchée dans la population, qu’un non au congé paternité va à l’encontre de notre temps et que les pères veulent participer activement désormais à la vie familiale. Même pour les jeunes entrepreneurs, un congé paternité relève de l’évidence. En réalité, la Suisse est le dernier pays en Europe qui n’a pas de dispositions légales pour une forme ou une autre de congé paternité ou congé parental. En général, la Suisse est un pays en développement en matière de politique familiale. Cela donne une mauvaise image à la Suisse, comme c’est souvent relevé. Les entreprises tournées vers l’international en particulier doivent expliquer à leurs salarié-e-s que la Suisse n’octroie guère de facilités à leurs familles. Ce sont justement les grandes entreprises qui ont introduit récemment des modèles de congé paternité généreux. Les données les plus récentes récoltées par Travail.Suisse sur l’évolution du congé paternité dans les grandes CCT et l’administration publique montrent que le congé paternité existe dans beaucoup de branches grâce aux partenaires sociaux mais que cela avance très lentement.1

Face à face entre les coûts et l’utilité indirecte

On discute des besoins des familles actuelles, de leurs pères et mères de manière très différenciée dans les débats. Il est intéressant de noter que les coûts du congé paternité ne sont guère mis en avant comme contre-argument. Le contre-projet coûte 224 millions de francs, soit 0.6 pourcent salariaux pour le régime des allocations pour perte de gain et l’initiative 420 millions de francs, soit 0.11 pourcent salariaux, selon le message du Conseil fédéral, financé à moitié par les employeurs et par les travailleurs. Au début juin, les médias ont mis en jeu les coûts indirects d’un congé paternité. Les milieux de l’artisanat ont colporté dans la consultation, sur la base d’une étude sur les congés à court terme pour les soins à des proches, des dépenses possibles en milliards de francs pour l’organisation et la compensation des absences du congé paternité. L’Association « Le congé paternité maintenant ! » a aussi mis à disposition des membres du Conseil des Etats, avant la tenue des débats, une factsheet avec les principaux arguments sur les coûts et aussi rappelé l’utilité indirecte d’un congé paternité2. Les pères ayant un congé paternité sont des collaborateurs plus équilibrés et motivés et sont plus longtemps fidèles à l’entreprise, ce qui provoque moins de dépenses.

Le congé paternité est le premier pas vers le congé parental

Le Conseil des Etats a rejeté l’initiative sur le congé paternité par 29 voix contre 14 et une abstention. Elle a été soutenue par les membres du PS et un membre des Verts et du PLR. Le contre-projet a été accepté par 26 voix contre 16 avec le soutien du PDC. L’objet va maintenant à la Commission de la science, de l’éducation et de la culture du Conseil national (CSEC-N). Elle va en débattre encore en juin pour pouvoir traiter du contre-projet lors de la session d’automne et de l’initiative lors de la session d’hiver. Les initiants vont aussi s’engager au Conseil national pour quatre semaines car il faut un congé de paternité de quatre semaines au moins pour que les avantages pour la relation père-enfant et l’égalité puissent bien se déployer. L’initiative n’est pas absolument indispensable dans la mesure où le contre-projet indirect pourrait aussi être étendu à quatre semaines. On connaîtra les résultats des délibérations du Parlement à la fin de l’année. En l’état des choses, l’initiative ne sera pas retirée et la votation aurait lieu en mai ou en septembre 2020. Mais c’est le Comité d’initiative qui aura le dernier mot. Il est cependant d’ores et déjà clair que le congé paternité n’est que le premier pas qu’il faut faire maintenant. Le deuxième doit être un congé parental d’au moins 24 semaines. Travail.Suisse a émis cette revendication depuis plusieurs années. Dans environ deux ans, tous les pays de l’UE devront avoir introduit, outre le congé maternité, un congé paternité d’au moins deux semaines et un congé parental d’au moins 8 semaines à la fois pour le père et la mère. Un long chemin attend encore la Suisse. Travail.Suisse continuera à s’engager pour le développement progressif d’une politique familiale moderne et globale – pour l’égalité, pour les familles et pour les travailleurs et travailleuses.

1 Factsheet Vaterschaftsurlaub in den Gesamtarbeitsverträgen, der öffentlichen Verwaltung und in den grösseren Unternehmen
2 Factsheet sur les coûts indirects et directs

25 juin 2019, Adrian Wüthrich, Président

Proches aidants – leurs besoins au-delà de l’urgence

Le projet de loi du Conseil fédéral sera traité une première fois par la Commission CSSS-N dans sa séance du mois d’août. Sur sa table figurent quatre mesures pour favoriser la conciliation de l’activité professionnelle avec les tâches réalisées par les proches aidants envers leurs proches. Bien qu’insuffisantes à répondre aux besoins principaux des proches aidants, ces quatre mesures sont pourtant déjà contestées par certains milieux politiques. Travail.Suisse s’active pour informer les conseillers et conseillères chargés de l’examen du projet. suite

Le projet du Conseil fédéral ne traite que les cas d’urgence. Il n’offre aucune solution au « travail de care » de longue durée. Toutefois, les quatre mesures proposées sont déjà un premier pas important. Que ce soient les absences de courte durée dont le gouvernement souhaite assurer dans la loi le maintien du salaire – aussi aux personnes sans obligation d’entretien, qu’il s’agisse du nouveau congé de longue durée de 14 semaines réservé aux parents d’enfants gravement malades ou accidentés ou que ce soit l’assouplissement des critères pour être crédité-e des bonifications pour tâche d’assistance, ces trois mesures doivent être soutenues. Travail.Suisse soutient aussi la quatrième mesure qu’elle avait mentionnée dans sa prise de position, à savoir le maintien du versement du supplément pour soins intenses SSI et de l’allocation pour impotent API en cas d’hospitalisation d’un enfant.

Travail.Suisse l’avait dit dans sa prise de position à l’occasion de la consultation1 : les mesures proposées par le gouvernement sont minimalistes et incomplètes. Autant que faire ce peu, les quatre mesures – qui seront discutées fin août au sein de la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil national (CSSS-N) – sont à adopter, sans en supprimer une virgule.

Mais pour Travail.Suisse, il est crucial que la Confédération adopte une véritable politique – cohérente et multisectorielle – en faveur des proches aidants, assortie d’un véritable plan d’action et de mesures spécifiques. Travail.Suisse est bien consciente qu’une telle politique est synonyme des coûts, mais au regard de la gigantesque contribution actuelle prestée gratuitement par les proches aidants 2, nos autorités ne peuvent rester les bras ballants, car il n’est pas du tout garanti que les choses puissent continuer de la même manière à l’avenir.

Les proches aidants qui travaillent – ils sont deux sur trois dans ce cas – mettent leur santé en danger et leur avenir financier en péril. On sait déjà qu’environ 40% d’entre eux souffrent de problèmes psychiques et qu’une femme concernée sur quatre déclare que son engagement a un effet négatif sur sa carrière. A n’en pas douter, si une personne réduit son temps de travail ou cesse toute activité professionnelle pour soutenir ses parents ou un autre membre de la famille, c’est sa future retraite qui est mise en péril par une diminution, voire un manque de cotisations sociales. Ce phénomène concerne les femmes en majorité.

Le vieillissement de la population conduit à l’accroissement des besoins

Compte tenu de la structure de la population actuelle et de l’évolution démographique à venir, des cohortes plus nombreuses vont atteindre l’âge de la retraite dans les années à venir (effets du baby-boom) ; les personnes âgées vivent à un âge toujours plus avancé, tandis que la natalité stagne et qu’il manque énormément d’enfants et de jeunes à l’autre bout de la pyramide des âges. Corollaire à ce vieillissement aux multiples origines, l’économie et les entreprises peinent à trouver du personnel qualifié : c’est le fameux manque de main d’œuvre qualifiée dont l’économie se plaint régulièrement. Notre société doit pouvoir continuer de compter sur l’aide, le soutien et les soins apportés au sein des familles et au-delà car nous ne pouvons tout simplement pas remplacer tout ce travail réalisé par des prestations de service payantes. Pour cela, les autorités fédérales et cantonales doivent prendre la mesure de l’enjeu dans un premier temps. Dans un second temps, notre pays doit consentir à investir de manière judicieuse dans les bonnes mesures qui vont aider les proches aidants sur le long terme.

D’autres mesures sont nécessaires sur le long terme

Bien d’autres mesures sont attendues pour permettre la conciliation de l’activité professionnelle et le travail de care. Pour maintenir la santé des proches aidants fortement engagés, un congé de repos payé doit voir le jour, comme le propose l’initiative parlementaire3 Meier-Schatz auquel le Parlement a d’ailleurs donné suite. Un-e proche aidant-e doit pouvoir souffler au moins une fois par année.

Au niveau financier, plusieurs pistes sont à explorer. Même si elles sont symboliques, des indemnités pour proches aidants doivent voir le jour dans tout le pays (seuls quelques cantons, comme Fribourg ou Bâle-Ville, et quelques communes en ont prévu). Les contributions d’assistance de l’AI doivent pouvoir bénéficier aux proches, contrairement à la situation actuelle. Les allocations pour impotents AVS doivent pouvoir être doublées lorsque l’aide et les soins sont réalisés à domicile, au même titre que ce qui est autorisé dans l’AI. Les travailleurs au chômage qui sont aussi des proches aidants devraient pouvoir bénéficier d’une extension du délai-cadre dans la LACI, sur le modèle de ce qui se pratique en cas de formation. Enfin, l’Etat doit s’occuper de combler la part de l’employeur qui manque dans le deuxième pilier d’une personne qui réduit son temps de travail ou cesse toute activité lorsqu’elle devient proche aidante.

De concert avec la nouvelle association CIPA Communauté d’intérêts Proches aidants qu’elle a contribué à créer, Travail.Suisse va prochainement informer les membres de la commission CSSS-N.

1 Voir la prise de position de Travail.Suisse : http://ts-paperclip.s3-eu-west-1.amazonaws.com/system/uploadedfiles/4959/original/Position_TS_Conges_proches_aidants_DEF.pdf?1542292127
2 Selon l’OFS, 1,7 milliards d’heures sont fournies au titre de « garde et soins » auprès des enfants et des adultes, de travail bénévole informel fourni après des adultes et autres prestations pour la parenté et les connaissances. Au total, on estime à 35% de la population résidante permanente de 15 à 64 ans prend régulièrement en charge des enfants ou des adultes en Suisse. Cette part équivaut à 1,9 million de personnes. La grande majorité de ces dernières sont actives occupées et occupent un emploi.
3 https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20110412

25 juin 2019, Valérie Borioli Sandoz, Responsable politique de l'égalité

Voilà comment Travail.Suisse soutient l’intégration au marché du travail des personnes handicapées

Les personnes handicapées ont un grand intérêt à être intégrées au marché du travail, mais cet intérêt dépasse le nombre de places de travail mises à disposition par l’économie. Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, s’engage par le biais de projets et mesures depuis des années pour l’amélioration de cette intégration au marché du travail. Le but est de parvenir à ce que davantage de personnes handicapées trouvent un poste de travail leur étant adapté. suite

Aussi bien l’assurance-invalidité que la convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées signée par la Suisse soutiennent la demande des personnes handicapées pour être mieux intégrées au marché du travail. Quelle peut être alors la contribution d’une organisation syndicale? Voici cinq exemples sur la manière dont Travail.Suisse essaie d’encourager l’intégration des personnes handicapées:

1. Les personnes handicapées et la convention collective de travail
La convention collective de travail (CCT) est un important instrument pour résoudre les problèmes qui se posent sur le marché du travail. En quoi une CCT peut-elle contribuer à l’intégration au marché du travail des personnes handicapées ? Dans le cadre d’une étude1 Travail.Suisse a traité de cette question. Elle montre que les conventions collectives de travail peuvent aussi empêcher l’intégration de personnes handicapées comme le montre l’extrait suivant: « Si dans les CCT fixant des salaires minimaux, il n’y a pas de réglementation pour descendre au-dessous de ces salaires minimaux, cela empêche ou rend plus difficile l’accès au marché du travail pour les personnes handicapées à la productivité plus faible. Les partenaires sociaux des CCT ayant des salaires minimaux sont donc invités à fixer des dispositions pour descendre au-dessous de ces salaires minimaux pour les personnes qui, en raison d’un handicap, ont une productivité limitée. »

Mais les CCT peuvent aussi, bien entendu, favoriser l’intégration, que ce soit en définissant des dispositions salariales en cas de productivité limitée, en fixant des dispositions claires au lieu de travail après un accident ou une maladie, en rejetant la discrimination fondée sur un handicap physique, mental ou psychique ou en déterminant les paramètres du processus d’intégration. On doit toutefois mentionner le fait que les partenaires sociaux peuvent contribuer encore plus pour l’intégration au marché du travail des personnes handicapées par le biais de l’instrument des CCT. C’est pourquoi, la prochaine tâche à effectuer doit être de sensibiliser et de motiver les commissions paritaires pour faire des pas supplémentaires dans cette direction.

2. Les personnes malvoyantes et leur accès à la formation continue publique
Comme pour toutes les autres personnes, l’accès à la formation continue doit aussi être valable pour les personnes aveugles et malvoyantes. Ce n’est qu’ainsi qu’elles pourront maîtriser les défis qu’elles rencontrent au lieu de travail ou dans la vie quotidienne, sociale ou politique. Mais l’accès à la formation continue publique est semé d’obstacles qui ne sont guère surmontables. Pour que les personnes aveugles et malvoyantes puissent participer avec succès à une formation continue publique, les prestataires de cours doivent éliminer les obstacles persistants et concevoir l’accès à leur formation continue sans barrières. Mais que signifie « sans barrières ? » Un projet de Travail.Suisse Formation TSF2 vise à élaborer avec les personnes aveugles et malvoyantes et différentes prestataires de formation une liste de critères pour éliminer ces barrières. Le but étant de relever le niveau d’accessibilité des personnes aveugles et malvoyantes à la formation continue publique. Une étude de la Haute école zurichoise pour les sciences appliquées ZHAW et de la Haute École Spécialisée de Suisse occidentale HESSO l’a ainsi bien mis en évidence: les personnes aveugles et malvoyantes qui participent à une formation continue dans le contexte public augmentent fortement leur chance d’avoir une meilleure position sur le marché du travail3.

3. Module de formation pour les futurs cadres supérieurs
La sensibilisation et une connaissance suffisante des cadres supérieurs sur le sujet est un avantage pour le processus de l’intégration au marché du travail des personnes handicapées. Un projet planifié par Travail.Suisse prévoit l’élaboration d’un module de formation où les prestataires de formation – p. ex. les Ecoles supérieures – intègrent dans leur offre des cours pour les futurs cadres supérieurs. Il faut inclure les prestataires de formation suffisamment tôt dans le projet pour pouvoir concevoir les contenus et la conception du module correspondant à leurs besoins.

4. Les personnes handicapées et leur accès à la formation continue
Dans les lignes directrices de la Formation professionnelle 2030, les partenaires ont convenu : « Nous concevons une formation professionnelle permettant l’insertion ou la réinsertion dans le monde du travail pour les jeunes et les adultes prenant en compte différentes conditions (italique) ».4 Cette phrase inclut aussi les personnes handicapées. Sur mandat du groupe de pilotage des partenaires de la formation professionnelle 2030, Travail.Suisse a repris le thème „Personnes handicapées et leur accès à la formation continue ». Un premier workshop sur ce thème s’est déjà déroulé à avec la participation des personnes, organisations et prestataires de formation concernées.5 Il s’agit maintenant de transformer les résultats du workshop avec la participation des personnes concernées en projets et mesures concrètes.

5. Collaboration avec d’autres acteurs
L’intégration au marché du travail des personnes handicapées ne fonctionne que grâce à la collaboration de nombreux acteurs. Voilà pourquoi il est important pour Travail.Suisse de travailler en réseau avec d’autres acteurs. Travail.Suisse, en tant qu’organisation faîtière des travailleurs et travailleuses, a adhéré à l’association „Compasso“ fondée par l’Union patronale suisse et participe à son Conseil consultatif. Travail.Suisse est aussi membre de solidarité auprès de l’association faîtière des organisations de personnes handicapées „Inclusion Handicap“. Enfin Travail.Suisse travaille aussi dans le groupe d’accompagnement du programme « Egalité et travail » du Bureau fédéral de l’égalité pour les personnes handicapées.

1 Bruno Weber-Gobet, Über Gesamtarbeitsverträge die Integration von Menschen mit Behinderungen in den Arbeitsmarkt fördern (Volltext), Bern 2. überarbeitete Auflage, September 2018. (avec un résumé en français).
2 On trouve des infromations plus précises sur le projet sous: https://www.ts-formation.ch/den-zugang-zur-weiterbildung-fuer-menschen-mit-behinderungen-verbessern-2/
3 „Participer à une formation continue professionnelle influe positivement sur le degré d’occupation. Pas de participation à une formation continue, respectivement une formation exclusivement donnée pour des personnes malvoyantes, signifie que l’on a trois à six fois moins de chances d’avoir un emploi à plein temps ou au pourcentage désiré.“ SAMS: Studie zum Arbeitsleben von Menschen mit Sehbehinderung, September 2015, S.18.
4 https://berufsbildung2030.ch/images/pdf_de_en/vision2030d.pdf
5 https://www.sbfi.admin.ch/sbfi/de/home/bildung/berufsbildungssteuerung-und—politik/verbundpartnerschaft/verbundpartnertagung/verbundpartnertagung-2019.html

25 juin 2019, Bruno Weber-Gobet, Responsable politique de formation

Perspective de la session Eté 2019

Plusieurs propositions seront débattues au Parlement durant la session de printemps lesquelles revêtent une importance centrale pour les travailleurs et les travailleuses. Nous vous présentons volontiers la position de Travail.Suisse sur certains thèmes choisis.

En tant qu’organisation faitière indépendante des travailleurs et des travailleuses, Travail.Suisse s’engage dans la politique et en tant que partenaire social au niveau national pour que le travail ait de l’avenir. Vous en saurez plus sur notre document de congrès « Pour un travail ayant de l’avenir » sous www.travailsuisse.ch.

Nous vous souhaitons une bonne session et restons en tout temps à votre disposition pour répondre à vos questions (Secrétariat : 031 370 21 11).

Pour la Perspective de la session:

29 mai 2019, Adrian Wüthrich, Président

Toutes (et tous) à la Grève du 14 juin 2019 !

Les fédérations membres de Travail.Suisse soutiennent et participeront à la Grève féministe du 14 juin prochain. Tous les membres, qu’ils soient hommes ou femmes, sont invités à manifester un soutien, quel qu’il soit. Aucune exclusion n’est à l’ordre du jour. L’heure est à l’action, car l’égalité entre femmes et hommes est l’affaire de toutes et de tous. Que ce soit dans le travail familial et ménager ou que ce soit en entreprise en matière d’égalité salariale, l’engagement de toutes et de tous est toujours aussi nécessaire. mehr

Récemment, certains quotidiens en mal d’audience ont cru bon titrer que les femmes qui feront grève le 14 juin prochain exerçaient un « sexisme à l’envers », en voulant exclure les hommes de la mobilisation qui se déploiera dans toutes les régions et les villes de notre pays. Il ne faut pas se leurrer : il ne s’agit là que d’un effet de manchette destiné à créer une polémique là où elle n’existe pas.

Certes, le tout premier Manifeste élaboré par les Assises féministes romandes au cours de l’été 2018 fait état d’une position plutôt radicale1. Ce collectif à l’origine de la Grève féministe 2019 a voulu donner la parole aux femmes, et uniquement aux femmes, durant le processus de gestation de la réflexion. De fait, la parole n’a de facto pas été donnée aux hommes.

Car c’est un fait que la recherche a abondamment constaté : en société, devant un public mixte, bon nombre de femmes renoncent encore et toujours à prendre la parole. C’est le résultat de décennies de conditionnement familial et social, où il n’est pas bien vu pour une femme d’oser se mettre en avant ni de dire haut et fort ses revendications, à sa manière. Il est difficile de se faire entendre « quand chacun doit s’imposer pour prendre la parole, couper celle des autres, forcer les décisions, par sa voix, son charisme «naturel» ou sa position dominante » comme le décrit très bien la Conseillère aux Etat sortante Géraldine Savary, forte de la longue expérience en politique.

Codes sociaux persistants

Nous sommes pourtant en 2019 et les femmes sont plus nombreuses à obtenir un diplôme d’une université ou d’une haute école que les hommes. Les trentenaires d’aujourd’hui n’ont plus les mêmes retenues que leurs mères et leurs grand-mères. Mais les schémas et les codes sociaux ont la vie dure.

La même Géraldine Savary le remarquait dans les colonnes du quotidien Le Temps2 : « De ces séances non mixtes, avec des prises de parole non hiérarchisées, sont nées des revendications nouvelles, hier ignorées, aujourd’hui reconnues. » Dubitative au début, elle reconnaît maintenant que la liberté de parole n’aurait pas été la même si les séances de réflexion du début avaient été mixtes. Et elle conclut très joliment ainsi : « Evidemment que les hommes sont bienvenus aux manifestations du 14 juin. Mais comme les femmes dans les stades de foot: pour soutenir leur équipe. ». Soit légèrement en retrait, mais dont le soutien est indispensable.

Le Collectif genevois syndical a d’ailleurs imaginé diverses façons, pour les hommes, de soutenir la Grève féministe de manière utile3. Et il faut aussi noter qu’en Suisse alémanique, une association d’hommes féministes a vu le jour : ce sont les « Feministen »4, soit des hommes qui ne sont pas satisfaits des rôles, des attentes et des représentations que notre société a attribués aux deux sexes. Pour eux, féminité et masculinité ne sont que des constructions sociales. Ils rejoignent la position de grandes féministes françaises comme Elisabeth Badinter ou plus loin dans le temps, Simone de Beauvoir.

Pour revenir à la Grève féministe de juin prochain, les fédérations membres de Travail.Suisse partagent le constat que l’égalité entre femmes et hommes dans les faits n’est toujours pas une réalité. Réunis le 24 avril dernier, les délégués et les déléguées ont tenu à marquer leur soutien à la Grève féministe en adoptant le propre Manifeste de Travail.Suisse5. Diverses actions régionales sont prévues.

Le Manifeste de Travail.Suisse est volontairement inclusif

Le préambule de ce Manifeste donne le ton : « … parce que l’égalité entre femmes et hommes est l’affaire de toutes et de tous … parce que chacun-e doit bénéficier des mêmes chances, des mêmes opportunités et pouvoir choisir sa vie, … parce que chacun-e doit pouvoir subvenir à ses besoins de manière indépendante, …parce que chacun-e doit être responsable de soi-même et des personnes qui dépendent de lui ou d’elle (enfants, proches affaiblis ; mais aussi le personnel) ;…parce que les valeurs de Travail.Suisse (solidarité, dialogue et partenariat social) sont intangibles ».

Le Manifeste met l’accent sur cinq points :
1 : le combat de la discrimination salariale sur le terrain
2 : la lutte contre la discrimination des mères sur le marché du travail
3 : l’adoption des conditions-cadres nécessaires pour permettre la conciliation de l’activité professionnelle et du travail de care réalisé auprès des enfants et des adultes
4 : l’adoption de mesures étatiques pour encourager la parentalité
5 : l’adoption de modèles de travail du futur respectueux des personnes

Sur le premier point, et d’une manière très concrète, les Délégué-e-s ont dit oui à un nouveau projet de Travail.Suisse et de ses fédérations : l’accompagnement de la mise en œuvre de la loi sur l’égalité entre femmes et hommes révisée. La LEG obligera bientôt les entreprises à contrôler l’égalité salariale en leur sein. Ce projet est maintenant en gestation et sera opérationnel au moment de l’entrée en vigueur des éléments révisés de la loi, selon toute probabilité en 2020.

La véritable égalité, choisie et vécue par les unes et les autres, c’est l’affaire de toutes et de tous.


1 A consulter sur le site de la Grève féministe www.frauenstreik2019.ch.
2 Géraldine Savary, « La tribune aux femmes, les tribuns sur le banc », Le Temps, édition du 5 mai.
3 « Le 14 juin, c’est la Grève des femmes* / Grève féministe. Je suis un homme… Que faire ? Comment soutenir ? », Collectif genevois, à consulter sur le site dédié à la Grève.
4 www.feministen.ch
5 A consulter sur le site de Travail.Suisse.

20 mai 2019, Valérie Borioli Sandoz, Responsable politique de l'égalité

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